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Les filles du Docteur March de Greta Gerwig

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« My little women ! » (mes petites femmes)  s’exclame le Docteur March, lorsqu’il retrouve ses filles en permission…Cette exclamation a donné naissance au titre du roman Little Women, inspiré de la vie de son auteure Louisa May Alcott et adapté au cinéma pour la sixième fois.

Scénario et réalisation : Greta Gerwig
Avec: Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh, Eliza Scanlen, Laura Dern, Timothée Chalamet, Meryl Streep, Louis Garrel , James Norton, Bob Odenkirk, Chris Cooper
Musique de Alexandre Desplat 🙂

De grandes femmes

Une histoire moderne

Cette adaptation du roman éponyme et de sa suite Le Docteur March marie ses filles, réalisée par la jeune Greta Gerwig est à la fois moderne et somptueuse. 

La réalisatrice s’est entourée d’une pléiade d’actrices et d’acteurs pour raconter l’histoire de Margaret « Meg », Joséphine « Jo » , Elizabeth « Beth », et Amy.
Mary, leur mère, s’occupe seule de ses filles, alors que son mari, aumônier s’est engagé auprès des Nordistes, en pleine guerre de Sécession (1861-1865).
La tante Joséphine, jouée par Meryl Streep, riche héritière, est à la fois caustique et bienveillante.

À cette époque, les femmes n’ont le droit de rien posséder –à moins d’hériter- et tout appartient à leur époux, dès lors qu’elles se marient. Le mariage est leur seule façon de s’en sortir car tout appartient à l’homme.

Greta Gerwig montre à quel point les choix étaient limités pour les femmes à cette époque. Elle a réalisé un film engagé, féministe dont la fin ne pourra manquer de vous interpeller.

Ce roman écrit en 1868, il y a donc cent cinquante ans est toujours, hélas, d’actualité.

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Être une femme hier vs aujourd’hui 

Les hommes naissent avec une liberté acquise. Ils n’ont aucune pression sociale pour se marier ou faire des enfants.

Même divorcés, ils continuent d’avoir une vie sociale et professionnelle totale jouant de la pension alimentaire – donc de l’argent, toujours- pour faire ce qu’il veulent. Ils laissent le soin aux femmes de s’occuper des enfants, préoccupés  par leur carrière, leur bien-être, leur ego.

Être une femme en Occident et partout ailleurs dans le monde suppose du courage, de la détermination et une volonté de fer pour tout simplement s’en sortir et mener à bien sa vie professionnelle et sa vie privé.

La charge mentale demeure encore majoritairement attribuée à la femme.

Les hommes ont déjà leur place dans le monde et n’ont qu’une chose à faire : bien travailler. Les femmes doivent se battre contre les stéréotypes éducatifs. Elles affrontent la violence des hommes, physique ou mentale, dans la sphère privée ou professionnelle. En effet, ils ont souvent les meilleures situations professionnelles et les meilleurs salaires à compétences égales.

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Cela a t-il beaucoup changé ?

Françoise Héritier, professeure au Collège de France, avait d’ailleurs montré que la distinction entre féminin et masculin est universelle. Ainsi, « partout, de tout temps et en tout lieu, le masculin est considéré comme supérieur au féminin. » ; elle appelait cela la « valence différentielle des sexes ».

Partant des travaux de Claude Lévi-Strauss, elle avait observé qu’un présupposé fondamental manquait à sa théorie de l’alliance. Pourquoi les hommes se sentaient-ils le droit d’utiliser les femmes comme monnaie d’échange ?

Elle écrit ainsi :

« Cette forme de contrat entre hommes, l’expérience ethnologique nous la montre partout à l’œuvre. Sous toutes les latitudes, dans des groupes très différents les uns des autres, nous voyons des hommes qui échangent des femmes, et non l’inverse. Nous ne voyons jamais des femmes qui échangent des hommes, ni non plus des groupes mixtes, hommes et femmes, qui échangent entre eux des hommes et des femmes. Non, seuls, les hommes ont ce droit, et ils l’ont partout. C’est ce qui me fait dire que la valence différentielle des sexes existait déjà dès le paléolithique, dès les débuts de l’humanité. »

(Wikipedia).

L’émancipation des femmes, à ses débuts dans le roman de Louisa May Alcott, n’est toujours pas terminée. 

Il faudra encore un siècle, selon la 14e étude annuelle du Forum économique mondialpour effacer les inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde.

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En France, la loi ne protège toujours pas les femmes efficacement.

Selon le collectif contre les violences sexistes et sexuelles NousToutes (@noustoutesorg), il y a déjà eu quatre féminicides  recensés depuis le 1er janvier 2020, dont l’une d’entre elle était âgée de quatre-vingt quatre ans.

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