Festival du Cinéma Israélien de Paris 2025
Le Festival du Cinéma Israélien de Paris était de retour 17 au 25 mars 2025 au Cinéma Majestic Passy pour une 25ᵉ édition riche en découvertes.
Depuis un quart de siècle, cet événement incontournable créée par Charles Zrihen, présidé par Hélène Schoumann et sa directrice artistique Armelle Bayou, met en lumière les talents du cinéma israélien, offrant un regard unique sur une société en perpétuelle mutation à travers des œuvres engagées, intimes et puissantes.
LE PODCAST SUR LES MEILLEURS FILMS DU FESTIVAL DU CINÉMA ISRAÉLIEN
LA CLÔTURE DU FESTIVAL DU CINÉMA ISRAÉLIEN DE PARIS
PRIX DU MEILLEUR COURT-MÉTRAGE – Yehuda Bogomolany
Prix Perry Kafri Meilleur court-métrage
Lors d’une excursion avec son unité militaire au musée d’Israël, Lev quitte le groupe et tente de se réinventer.
Ce film courageux et brillant questionne la liberté de façon originale, qui suscite l’intérêt. La liberté d’expression en Israël est menacée selon les jurées qui ont hâte de voir la suite des oeuvres de ce cinéaste.
Mon coup de coeur n°1 !
Come Closer de Tom Nesher
Avec Lia Elalouf, Darya Rosenn, Netta Garti, Yaakov Zada Daniel, Shlomi Shaban, Yael Shoshana Cohen, Lia Schon, Ido Tak, Shay Tra Litman
Synopsis
La seule personne qu’Eden aime est Nati, son jeune frère.
Le jour de son 17ème anniversaire, Nati prévoit de passer une soirée romantique avec sa petite amie secrète, Maya. Mais il est kidnappé par sa sœur, et ses amis pour une fête surprise sur la plage. Lorsque tout le monde s’endort, Nati, ivre, tente de rejoindre Maya, et puis… il est renversé par une voiture.
Eden va tenter de découvrir l’amante secrète de son frère. Lorsque les deux jeunes femmes en deuil se rencontrent, une relation complexe, sensuelle et dangereuse se développe.
Critique
Pour un premier long métrage, la jeune réalisatrice Tom Nesher a réalisé un film fort et maîtrisé sur la jeunesse d’aujourd’hui, celle qui affronte le deuil, rencontre l’amour, se perd dans ses choix.
Fille d‘Avi Nesher, le réalisateur, véritable institution en Israël, n’a rien vu du film avant la fin du tournage.
Tom avait commencé à écrire le scénario après la mort de son frère et l’a terminé il y a peu de temps.
Comme il parle de la mort et de comment surmonter le deuil, il a, après les événements du 7 octobre 2023, reçu un accueil très favorable en Israël. L’actrice principale Lia Elalouf, dont c’est le premier rôle est une révélation. Et cette histoire est tout à fait crédible. Une psychiatre de la salle m’a avouée que cela lui rappelait certaines séances. La bande-originale et la photographie sont magnifiques.
Bref un film qu’il faudrait distribuer en France.
Mon coup de coeur n°2
HEMDA de Shemi Zarhin
Avec Sasson Gabay, Asi Levi, Maor Levi, Adi Alon, Roy Assaf, Lital Schwartz
Sassi et Efi sont des travailleurs acharnés, qui se débattent avec la dette laissée par le fils de Sassi avant qu’il ne parte pour Bruxelles. Malgré l’écart d’âge qui les sépare, leur amour et leur humour leur permettent d’échapper à la lassitude et au désespoir de la vie. Lorsque deux jeunes – Omri, le petit-fils de Sassi, et David, l’ancien élève d’Efi – apparaissent dans leur vie, leur routine soigneusement entretenue se brise…
Critique
Sasson Gabai et Asi Levi forment un duo magnifique dans cette histoire au scénario original. L’histoire de ce couple fusionnel qui se perd momentanément lorsque le passé ressurgit est touchante et nous rappelle que rien n’est jamais acquis. Le jeune acteur qui joue leur petit-fils en apparence désinvolte joué par Adi Alon nous émeut aussi.
Ici il n’est question ni d’armée, ni de religion. Le film a reçu le Prix du Public cette année.
Sassan Gabai étant un acteur très bankable, « Hemda » sera-t-il distribué ?
Mon coup de coeur n°3
PINK LADY de Nir Bergman
Avec Nur Fibak, Gal Malka, Uri Blufarb, Sara Von Schwarze, Michal Weinberg, Romi Aviram
Dans une communauté juive ultra-orthodoxe de Jérusalem, Bati a une vie en apparence parfaite. Elle est mariée à Lazer et le jeune couple a trois enfants. Mais leur monde commence à s’écrouler lorsque Lazer est victime de chantage et que Bati découvre sa liaison secrète avec son partenaire d’étude.
Désespérée, elle décide de protéger sa famille et de garder l’homme qu’elle aime. Elle va soutenir Lazer qui tente de « guérir » son homosexualité, tout en découvrant ses véritables désirs.
Critique
Les films de Nir Bergman (My Kid) sont toujours plein de sensibilité. Cette fois, le réalisateur nous emmène au coeur d’un couple dont dès le début, sentons qu’il bat de l’aile. La raison principale ? Le désir. Bati n’est pas désirée par son mari. Normal, il est homosexuel. Lorsqu’elle le découvre, elle pense pouvoir le guérir en changeant sa personnalité…
Gal Malka incarne une femme qui veut exister à part entière dans une communauté ultra-orthodoxe où elle subit la pression de sa mère et de sa belle-mère.
Elle résiste et c’est cette résistance que filme d’une façon très humaine et avec beaucoup de pudeur Nir Bergman.
FILM DE CLÔTURE FESTIVAL DU CINÉMA ISRAÉLIEN DE PARIS
UNE COMÉDIE ENLEVÉE ! THE POOL (VOL EN EAUX TROUBLES) d’Amichai Greenberg
Avec Yehoram Gaon, Meshi Kleinstein
Un retraité cynique reprend contact avec sa petite-fille, une artiste naïve et détachée, pour récupérer ses économies volées dans le casier de la piscine où il est un membre assidu. Elle ignore totalement que l’art vidéo qu’elle réalise sur cet endroit sert de couverture à une enquête policière.
Critique
Cette comédie est un régal, hommage aux films des années 70 (plans coupés), musique de James Bond, situations cocasses, The Pool nous parle aussi des relations humaines entre un grand-père et sa petite-fille. L’action qui se situe au coeur d’une piscine rend le scénario original. À voir si dispo sur les plateformes.
MES COUPS DE COEUR FESTIVAL DU CINÉMA ISRAÉLIEN DE PARIS
LES DOC
JACOB DE HAAN: A VOICE OUT OF TIME de Zvi Landsman : PRIX DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE
La mort de Jacob Israël de Haan est commémorée chaque année par les juifs ultra-orthodoxes de Neturei Karta à Jérusalem et par la communauté LGBTQ d’Amsterdam. Il est un pionnier pour les deux. Au début du XXᵉ siècle, il a publié le premier roman LGBTQ aux Pays-Bas.
Il retourne ensuite à ses racines juives, émigre en Palestine et devient le porte-parole de la communauté orthodoxe, menant sa lutte contre le sionisme en collaboration avec les dirigeants du monde arabe des pays voisins. Il continue d’écrire des poèmes homosexuels, sur le point d’être publiés en néerlandais. En 1924, il a été abattu par un assassin qui n’a jamais été arrêté. Aujourd’hui, des enregistrements audios inédits permettent enfin de résoudre ce mystère politique vieux de 100 ans.
Critique
L’histoire extraordinaire de cet homme célébré dans des communautés radicalement opposées a remporté le Prix du Meilleur Documentaire.
Zvi Landsman a réalisé une véritable enquête poétique jusqu’à retrouver l’assassin de Jacob Israël de Haan, traduire ses poèmes, un travail qui lui a pris cinq ans de recherches et de voyages.
Une liberté dans la forme et à l’instar de Jacob de Haan, le réalisateur emprunte aussi un chemin libre dans sa réalisation.
Également directeur de la photographie, ce sont les images magnifiques de Jérusalem, un ciel, un oiseau, un livre qui nous font voyager à travers le temps, une histoire méconnue et dont l’actualité résonne aujourd’hui tout particulièrement en Israël et dans le monde.
Zvi Landsman dit de ce festival qu’il est un phare dans le cinéma israélien représenté à l’étranger.
7 OCTOBRE 2023 – BEYOND OCTOBER 7TH de Jasmine Kainy
Trois générations de la famille Gad ont physiquement survécu au 7 octobre.
Ce documentaire intime commence deux jours seulement après leur sauvetage du massacre, où chaque membre de la famille fait face différemment aux conséquences du drame. Leurs amis les plus proches ont été assassinés ou enlevés, leurs maisons perdues, mais ils continuent à lutter pour la survie de la communauté de Be’eri tout en s’interrogeant : reviendront-ils un jour à Be’eri ?
Critique
La réalisatrice Jasmine Kainy nous fait vivre le quotidien de ces survivants qui sont oubliés du gouvernement. De jour en jour, nous suivons cette famille qui doit faire face à l’horreur, qui se demande qui est vivant ou qui est mort, des questions sur la culpabilité de la survie à l’image de ce qu’ont vécu les Juifs pendant la Shoah.
Jasmine Kainy pose aussi de nombreuses questions : pourquoi la police p ne répondait pas au téléphone le 7 octobre ? Pourquoi l’armée a mis trois jours à venir ? Pourquoi personne ne s’occupe de ces survivants ballottés d’hôtel en hôtel et logés dans des caravanes ?
De nombreux films viendront sans doute poser d’autres questions sur cette journée qui changea l’Histoire des Juifs dans le monde entier.
KAFKA, LE DERNIER PROCÈS de Eliran Peled
À sa mort, Franz Kafka a laissé derrière lui une riche collection de manuscrits non publiés. Il a demandé à son ami Max Brod de les brûler tous mais ce dernier n’a pas respecté son souhait et le monde a pu découvrir l’un des plus grands écrivains du XXᵉ siècle.
Cette trahison altruiste a conduit à une malédiction multigénérationnelle que l’on suit tout au long de cette histoire centenaire qui va des rues tortueuses de Prague à la rue Spinoza à Tel Aviv, où la légendaire secrétaire de Brod est morte à l’âge de 102 ans, avec des manuscrits restés chez elle qui conduiront à un procès digne de Kafka lui-même.
En présence du réalisateur Eliran Peled et de Léa Veinstein, autrice et productrice.
Critique
Là aussi, une découverte ! L’histoire fascinante des manuscrits du grand écrivain racontée à travers les témoignages et la fiction écrite par Kafka lui-même, « La métamorphose ». Un mélange d’animations et d’images réelles dans ce documentaire fascinant sur une histoire qui a fait la « Une » en Israël mais dont personne n’a parlé ailleurs.
PRIX SPÉCIAL : FREUD, L’OUTSIDER de Yair Qedar (FILM NON VU)
FREUD, L’OUTSIDER est un documentaire créatif qui nous emmène en voyage dans la vie et l’œuvre de Freud en quatre actes – une combinaison d’animations, de rêves, de psychanalystes de premier plan, dans un voyage qui donne à réfléchir sur le judaïsme, la biographie, la psychanalyse, et le rôle de la marginalisation comme stratégie de pouvoir dans la formation de l’une des figures les plus influentes des temps modernes, avec Itay Tiran dans le rôle de Freud.
Festival du Cinéma Israélien de Paris 2025 : avant-première
LIRE LOLITA À TÉHÉRAN de Eran Riklis, en salle en ce moment
Avec Golshifteh Farahani, Zar Amir Ebrahimi, Mina Kavani, Reza Diako, Arash Marandi
Azar Nafisi, professeure à l’université de Téhéran, réunit secrètement sept de ses étudiantes pour lire des classiques de la littérature occidentale interdits par le régime. Ensemble, elles découvrent un espace de liberté pour partager leurs espoirs, leurs amours, et leur place dans une société de plus en plus oppressive. Pour elles, lire Lolita à Téhéran, c’est célébrer le pouvoir libérateur de la littérature.
Lisez l’interview ici : Eran Riklis
Festival du Cinéma Israélien de Paris Série événement : à voir !!
KUGEL (Épisodes 1 & 2) – LES SHTISEL REVIENNENT ! d’Erez Kav-El
À Anvers, bien avant de rencontrer Akiva Shtisel, Libi vit avec son père Nuchem, un négociant de bijoux prêt à contourner les règles pour réussir. Lorsque sa mère Yides se lasse des manigances de Nuchem et demande le divorce, celui-ci tente désespérément de reconquérir son épouse tout en poursuivant une relation complexe avec une vendeuse de gâteaux typiques de Jérusalem.
Libi, quant à elle, rêve de devenir écrivaine, mais entre l’effondrement du mariage de ses parents et ses propres aspirations personnelles, elle doit apprendre à choisir entre les attentes familiales et ses propres désirs artistiques.
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