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Josep Bartoli

Josep: liberté, égalité, fraternité

Josep, de Aurel, écrit avec Jean-Louis Milesi.

La création audiovisuelle aujourd’hui est d’une richesse sans précédent. Outre les films tournés en images réelles et les séries, nous assistons à l’émergence d’une génération de jeunes créateurs libres et engagés dans l’animation. C’est le cas de Aurel, dessinateur de presse, qui réalise avec Josep son premier long métrage animé.

Si vous ne devez voir qu’un seul film cette année, cela doit être celui-là. 

 

Josep, 

Un film indispensable sur la mémoire

 

 

À l’instar de Maus, bande dessinée créée par Art Spiegelman sur la Shoah, qui avait reçu le Prix Pulitzer en 1992, Aurel a réalisé, avec Josep, un film indispensable, un document historique que tout le monde devrait voir.

Co-production française, belge et espagnole, l’histoire de Josep est racontée, comme le fut Maus (un père à son fils), par le récit d’un grand-père à son petit-fils. Josep raconte l’amitié entre Josep Bartolí, dessinateur de presse espagnol républicain prisonnier dans le camp de Bram et un gendarme français, au travers des barbelés.

 

La Retirada

 

Fait prisonnier en février 1939 dans le camp de Bram au moment de La Retirada (exode massif des Espagnols après trois ans de guerre contre Franco), Josep tente de survivre dans le camps de concentration construits par la France, pour empêcher le flux massif des Espagnols qui fuient la dictature.

Dans ces camps de concentration (Barcarès, Rivesaltes, Agde, Bram et Saint-Cyprien), les Espagnols, hommes, femmes et enfants séparés, luttent pour leur survie, dans le froid, la faim, contre les tortures, les viols des femmes, prisonniers des gendarmes français et des troupes colonisées.

Josep dessine pour survivre. L’art l’aide à se projeter, à rester humain, à témoigner. Des milliers de dessins ont ainsi été récupérés auprès des survivants des camps de concentration et conservés au Mémorial de la Shoah. Josep a publié Campos de Concentracion, et La Retirada après la guerre.

La force de l’animation est de permettre à la vérité d’apparaître à l’écran. En effet, lorsqu’un acteur n’est pas dans la totale vérité absolue du jeu, la véracité du récit en pâtit. Ce sont là les limites des images réelles et de la fiction dans la transmission de la mémoire à l’écran.

Josep est justement tout l’inverse, nous sommes complètement immergés dans l’histoire de Josep Bartolí, récit fort, bouleversant, sur la mémoire, qui laisse en nous une marque indélébile.

 

Liberté, égalité, fraternité

 

L’enfermement en France des résistants au fascisme fut très peu montré à l’écran. On pense évidemment à Pour qui sonne le Glas d’Hemingway, aux images de Robert Capa, et à leurs combats aux côtés des Espagnols qui luttaient contre la dictature. Josep leur rend hommage.

L’humanité est au coeur de ce film. Le courage et l’engagement versus la lâcheté, l’ignorance,  le racisme, la peur de l’autre.

Sans verser dans le manichéisme, le personnage du gendarme incarne la France de cette époque. Mais aujourd’hui, qu’en est-il ? La France a -t-elle changé ? L’Europe a -t-elle évolué par rapport à celle d’avant-guerre?  Josep a une résonance avec notre époque et plus particulièrement sur le sort des migrants, dont personne ne veut, et où en France, on interdit aux associations de leur donner à manger, (lire ici cet article hallucinant.

Que deviennent les valeurs d’humanité, les valeurs chères à la France de liberté, égalité , fraternité ?

 

Du rire et des larmes pour un artiste engagé

 

Le graphisme des dessins de Josep, sa façon de dessiner les êtres humains et de caricaturer leurs défauts, l’ajout progressif de la couleur, les dialogues de Jean-Louis Milesi et la musique de Silvia Perez Cruznous font passer du rire aux larmes.

Le personnage du gendarme est sans doute René Sidovra, capitaine de l’armée française que Josep Bartolí, alors malade du typhus, qu’il rencontra à l’hôpital militaire de Perpignan après avoir survécu à sept camps de concentration.

 

Un artiste total

 

Aurel  nous emmène dans un voyage dans le temps et l’espace.

Plus tard, Josep Bartoli fut non seulement l’amant de Frida Kahlo, mais fit partie du Groupe du 10th Street et côtoya Rothko, Pollock, Kline et De Kooning.

Il fut aussi conseiller scénographique et dessinateur de costumes sur des films comme Captain from Castil tourné à Hollywood en 1947, de Henri King avec Tyron Power et publia en 1975, un livre intitulé The Black Man in America.

 

 

 

Un documentaire de Vincent Marie a été réalisé sur Josep Bartolí « Bartolí, le dessin pour mémoire ».

 

Ce film a été sélectionné au Festival de Cannes 2020.

 

Musique : Sílvia Pérez Cruz
Montage : Thomas Belair
Production : Serge Lalou
coproduction : Jordi B. Oliva
Production exécutive : Catherine Estèves
Sociétés de production : Les Films d’Ici Méditerranée,avec le soutien du Mémorial du Camp de Rivesaltes et la Région Occitanie.
Sociétés de distribution : Dulac Distribution (France), The Party Sales (ventes internationales)

Avec les voix de:

Sergi López : Josep Bartolí
Sílvia Pérez Cruz : Frida Kahlo
Alain Cauchi : Léon
David Marsais : Valentin
Valérie Lemercier : la mère de Valentin
Bruno Solo : le gendarme
Gérard Hernandez : le grand-père
François Morel : Robert
Sophia Aram : l’infirmière

 

Sílvia Pérez Cruz

 

Pour en savoir plus:

 

Aurel et Bartolí, les dessins pour survivre

Les archives de Josep Bartolí Guiu, peintre, dessinateur et écrivain

Le Mémorial du camp de Rivesaltes

Un Mémorial au camp de Bram

Interview d’Aurel sur le site du CNC.

Nécrologie du site américain UPI

 

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