Les filles du Docteur March de Greta Gerwig

Capture d’écran 2020-01-06 à 16.29.08

Scénario et réalisation : Greta Gerwig
Avec: Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh, Eliza Scanlen, Laura Dern, Timothée Chalamet, Meryl Streep, Louis Garrel , James Norton, Bob Odenkirk, Chris Cooper
Musique de Alexandre Desplat (:) !!!)

De grandes femmes

« My little women ! » (mes petites femmes)  s’exclame le Docteur March, lorsqu’il retrouve ses filles en permission…Cette exclamation a donné naissance au titre du roman Little Women, inspiré de la vie de son auteure Louisa May Alcott et adapté au cinéma pour la sixième fois.

Cette adaptation du roman éponyme et de sa suite Le Docteur March marie ses filles, réalisée par la jeune Greta Gerwig est à la fois somptueuse et moderne. La réalisatrice s’est entourée d’une pléiade d’actrices et d’acteurs tous plus brillants les uns que les autres pour raconter l’histoire de ces quatre jeunes filles, Margaret « Meg », Joséphine « Jo » , Elizabeth « Beth », Amy et Mary, leur mère, qui s’occupe seule de ses filles, alors que son mari, aumônier s’est engagé auprès des Nordistes, en pleine guerre de Sécession (1861-1865). Il y a enfin la tante Joséphine, jouée par Meryl Streep, riche héritière, caustique et bienveillante.
À cette époque, les femmes n’ont le droit de rien posséder -àmoins d’hériter- et  tout appartient à leur époux, dès lors qu’elles se marient. Le mariage est leur seule façon de s’en sortir car tout appartient à l’homme.
Greta Gerwig montre à quel point les choix étaient limités pour les femmes à cette époque et a réalisé un film engagé, féministe dont la fin ne pourra manquer de vous interpeller.

Ce roman écrit en 1868, il y a donc cent cinquante ans est toujours, hélas, d’actualité.

giphy

Être une femme

Cela a t-il beaucoup changé ?
Les hommes naissent avec une liberté acquise. Ils n’ont aucune pression sociale pour se marier ou faire des enfants. Même divorcés, ils continuent d’avoir une vie sociale et professionnelle totale jouant de la pension alimentaire – donc de l’argent, toujours- pour faire ce qu’il veulent et laissent le soin aux femmes de s’occuper des enfants, préoccupés qu’ils sont par leur carrière, leur propre bien-être, leur égo.
Être une femme en occident et partout ailleurs dans le monde suppose du courage, de la détermination et une volonté de fer pour tout simplement s’en sortir et mener à bien sa vie professionnelle et sa vie privé. La charge mentale demeure encore majoritairement attribuée à la femme.
Les hommes ont déjà leur place dans le monde et n’ont qu’une chose à faire : bien travailler. Les femmes doivent se battre contre les stéréotypes éducatifs, la violence des hommes, qu’elle soit physique ou mentale, dans la sphère privée ou professionnelle,  puisqu’ils ont à la fois les meilleures situations professionnelles et les meilleurs salaires à compétences égales.

giphy-1

Françoise Héritier, professeure au Collège de France, avait d’ailleurs montré que la distinction entre féminin et masculin est universelle et « partout, de tout temps et en tout lieu, le masculin est considéré comme supérieur au féminin. » ; elle appelait cela la « valence différentielle des sexes ». Partant des travaux de Claude Lévi-Strauss, elle avait observé qu’un présupposé fondamental manquait à sa théorie de l’alliance : pourquoi les hommes se sentaient-ils le droit d’utiliser les femmes comme monnaie d’échange ? Elle écrit ainsi : « Cette forme de contrat entre hommes, l’expérience ethnologique nous la montre partout à l’œuvre. Sous toutes les latitudes, dans des groupes très différents les uns des autres, nous voyons des hommes qui échangent des femmes, et non l’inverse. Nous ne voyons jamais des femmes qui échangent des hommes, ni non plus des groupes mixtes, hommes et femmes, qui échangent entre eux des hommes et des femmes. Non, seuls, les hommes ont ce droit, et ils l’ont partout. C’est ce qui me fait dire que la valence différentielle des sexes existait déjà dès le paléolithique, dès les débuts de l’humanité. » (source: Wikipedia).

L’émancipation des femmes, à ses débuts dans le roman de Louisa May Alcott, n’est toujours pas terminée.  Il faudra encore un siècle, selon la 14e étude annuelle du Forum économique mondialpour effacer les inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde.

giphy-7

En France, la loi ne protège toujours pas les femmes efficacement. Selon le collectif contre les violences sexistes et sexuelles NousToutes (@noustoutesorg), il y a déjà eu quatre féminicides  recensés depuis le 1er janvier 2020, dont l’une d’entre elle était âgée de quatre-vingt quatre ans.

Trailer

ENGLISH VERSION

THEY WERE GREAT WOMEN

« My little women! » exclaims Dr. March, when, return from the army, he meets again his daughters…These words gave birth to the title Little Women, novel inspired by the life of her author, Louisa May Alcott and adapted for the cinema for the sixth time.

This adaptation of the eponymous novel and its sequel Doctor March Marries his Daughters, directed by the young Greta Gerwig, is both beautiful and modern. The director has surrounded herself with a great actors, each one greater than the next, to tell the story of these four young women, Margaret « Meg », Josephine « Jo », Elizabeth « Beth », Amy and Mary, their mother who takes care of her daughters alone, while her husband, a chaplain, volunteered with the Northerners during the American Civil War (1861-1865). There is also aunt Josephine March, played by Meryl Streep, a wealthy, caustic and benevolent heiress.

giphy-2
At that time, women had no access to property  – except if they were heiress as Aunt Josephine in the novel-, everything belonged to the husband, as soon as they got married. Marriage was their only way out because everything belonged to the man. 
Greta Gerwig insisted on this fact and has made a committed, feminist film. The ending is bound to challenge you.

This novel written in 1868, 150 years ago, is still, alas, relevant today.

To be a woman

Has it changed that much?  

Still now, men are born with a total freedom – at least, in the Western world. They have no social pressure to marry or have children. Even divorced, they pursue their social life, blackmailing for alimony – in other words money – to do what they want and leaving the education of the children to women, preoccupied as they are with their career, that is, their well being, that is their ego.

Being a woman in the Westen world and everywhere else requires courage, determination and an iron will to simply make a living and manage their professional and private life. Women still manage the mental burden.

Men already have their place in the world and have only to work hard to make a place for themselves. Women will have to fight against educational stereotypes and men’s violence, whether physical or mental, in the private sphere or at work, since they have both the best professional situations and the best salaries for equal skills.

giphy-3

Françoise Héritier, a professor at the Collège de France, had shown that the distinction between feminine and masculine is universal and « everywhere, at all times and in all places, the masculine is considered superior to the feminine. « She calls this the « differential valence of the sexes ». Based on the work of Claude Lévi-Strauss, she observes that a fundamental presupposition was missing from her alliance theory: why did men feel they had the right to use women as a bargaining chip?
She wrote as follows: « This form of contract between men, as ethnological experience shows us, is at work everywhere. In all latitudes, in groups that are very different from one another, we see men exchanging women, and not the other way around. We never see women exchanging men, nor do we see mixed groups of men and women exchanging men and women. No, only men have this right, and they have it everywhere. This is what makes me say that the differential valence of the sexes already existed as early as the Paleolithic, as early as the beginnings of humanity (Source Wikipedia).

giphy-4

The emancipation of women at the very beginning of Louisa May Alcott’s novel is still not over.  It will take another century, according to the 14th annual survey of the World Economic Forum, to erase the inequalities between men and women in the world.

Here in France, the law still does not protect women effectively. According to the gender and sexual violence collective NousToutes (@noustoutesorg), there have already been four feminicides recorded ince 1 January 2020, whom one of them was eighty-four years old.

giphy-5

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close