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Foxtrot

Dès le début, le réalisateur met le spectateur k.o.

Foxtrot

Objectif : mourir

 

Trois jeunes militaires annoncent aux parents la mort de leur fils en poste à l’armée.

Le film fonctionne en trois temps. Il a la force de mêler trois genres, le drame, la comédie et l’animation. Le réalisateur montre l’impuissance des discours officiels face à la mort.

Les acteurs nous transmettent leur chagrin. Les parents s’infligent des douleurs physiques pour parvenir à prendre conscience de la mort de leur fils. Filmés d’en haut, leur monde est bouleversé et la terre tourne à l’envers. 

Le père, la mère, le fils, l’armée, forment les quatre personnages du film.

Le fils est en poste dans un campement où un dromadaire passe plus souvent la barrière des Territoires que les palestiniens. Il vit avec ses camarades de l’armée dans une caravane installée sur un sol mouvant. Tous travaillent avec une technologie désuète qui rappelle les soldats de 1941 dans le film de Steven Spielberg.

Tous ont du mal à trouver une radio sans grésillement et leur seule distraction est la musique, le jazz ou le hard-rock.

La femme dessinée sur la caravane renforce l’idée d’un voyage hors du temps. Les soldats sont coupés du monde.

La controverse

Les conserves roulent, le temps chronométré se réduit chaque jour, de seconde en seconde, et la caravane s’enfonce. La bavure commise par les soldats camouflée par un bulldozer est une image forte. L’incident n’a pas eu lieu. D’où le scandale déclenché par le film.

Le fox-trot est une danse carré qui revient à son point de départ.

Comme la danse, la situation politique se répète sans fin, à moins de changer de fonctionnement. Les mêmes drames se produisent à chaque génération. La culpabilité ronge le coeur des individus et détruit leurs relations aux autres.

 

De Samuel Maoz
Avec Lior Ashkenazi, Sarah Adler, Yonatan Shiray

 

 

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