26e Festival du Cinéma Israélien de Paris - 16 au 24 mars 2026
Du 16 au 24 mars 2026, le cinéma Majestic Passy (Paris 16e) accueille la 26e édition du Festival du Cinéma Israélien de Paris. Une semaine de projections en VOSTF, de rencontres avec les cinéastes, et de découvertes d’une cinématographie vivante, plurielle, ancrée dans les réalités de son temps.
Radu Mihăileanu, parrain de cette 26e édition
Le choix du parrain dit beaucoup d’un festival. Cette année, c’est Radu Mihăileanu qui prête son nom et son histoire à la manifestation — et le symbole est fort. Né à Bucarest en 1958, fils d’un journaliste juif dissident, il quitte la Roumanie de Ceaușescu en 1980, fait escale en Israël, puis s’installe en France où il étudie le cinéma à l’IDHEC (ancêtre de la Fémis).
Sa filmographie est une longue méditation sur l’exil, la mémoire et l’identité : Train de vie (1998), fable tragicomique sur la Shoah saluée à Venise et à Sundance ; Va, vis et deviens (2005), César du meilleur scénario original, sur l’opération Moïse et les Juifs éthiopiens ; Le Concert (2009), récit d’une utopie musicale qui réunit près de deux millions de spectateurs en France. Chevalier de la Légion d’honneur, Officier de l’ordre des Arts et des Lettres, Mihăileanu incarne exactement ce que le festival défend : un cinéma humaniste, qui traverse les frontières sans jamais les effacer.
Le programme
La programmation 2026 se décline en plusieurs sections : longs-métrages de fiction, documentaires, courts-métrages en compétition, sections spéciales Horizons, Jewish Experience et Art et Cinéma, ainsi qu’un classique. Tous les films sont présentés en version originale sous-titrée en français.
🎬 Longs-métrages
A Burning Man d’Eyal Halfon (1h43) ouvre le festival le lundi 16 mars — film d’ouverture présenté en présence du réalisateur. Un père accompagne son fils jusqu’à sa base militaire et reste là, incapable de partir, suspendu à l’angoisse de le perdre. La guerre comme état intérieur, l’attente comme forme de résistance.
Dead Language de Moshe Brezis et Ofir Binnun (1h50) est l’un des films les plus attendus. À l’aéroport, une femme attend son mari mais accueille par erreur un inconnu — une rencontre qui va révéler le vide de son existence. Présenté avec l’actrice Sarah Adler et l’historien du cinéma Ophir Levy.
Hola ! Chau… de Jorge Weller (1h35) : un musicien argentin-israélien voit débarquer chez lui son père et sa sœur après dix ans d’absence. Entre drame intime et comédie débridée, le film explore le fragile équilibre des familles recomposées par l’exil.
Oxygen de Netalie Braun (1h35) : une mère attend la fin du service militaire de son fils. Une nouvelle guerre éclate. Le film saisit avec acuité la violence sourde de l’attente — et ce qu’elle coûte à celles qui restent.
Book of Ruth d’Esty Bitton Shushan (1h28) : un jeune couple ultra-orthodoxe traversé par la tragédie. Un film sur le doute, le silence et la foi mis à l’épreuve.
Bella de Jamal Khalaily et Zohar Shachar (1h15) ferme le festival en soirée de clôture le mardi 24 mars : un héritage inattendu — une colombe frisée de prix — entraîne un road-trip absurde entre Israël et la Palestine. Film de clôture présenté avec l’acteur Elisha Banai.
Cabaret Total de Roy Assaf (1h30) · Real Estate d’Anat Malz (1h39) · Saving Shuli San de Ben Bachar (1h34) — comédie d’aventures délirante au Japon.
🎥 Documentaires
1341 Frames of Love and War de Ran Tal (1h30) : un an et demi dans les archives de Micha Bar-Am, le photographe de guerre le plus renommé d’Israël, né à Berlin en 1930. Une exploration de la photographie, de la mémoire et de la violence. Présenté avec Ariel Schweitzer, critique aux Cahiers du cinéma.
Hora d’Avi Weissblei (1h00) : cent ans après la naissance de la hora, la danse populaire emblématique d’Israël, le film retrace son histoire à travers les voix de celles qui l’ont façonnée. Présenté avec Ilan Zaoui, fondateur de la troupe Adama.
Kichka : Telling Myself de Gad Aisen (1h10) : portrait du caricaturiste franco-belge Michel Kichka, fils de survivant de la Shoah. À travers ses dessins, le poids du traumatisme familial et sa transmission. Présenté avec Michel Kichka et David Chemla.
Proud Jewish Boy d’Isri Halpern (1h27) : en 1938, Herschel Grynszpan abat à Paris le diplomate nazi Ernst vom Rath. L’attentat devient le prétexte à la Nuit de Cristal. Archives inédites et témoignages éclairent enfin ses motivations. Présenté avec l’historien Georges Bensoussan.
Unraveling UNRWA de Duki Dror (1h15) : après le 7 octobre, l’UNRWA au cœur d’une controverse mondiale. Le film retrace soixante-quinze ans d’histoire de cette agence et interroge son rôle et ses dérives. Présenté en partenariat avec Actions Avocats.
✦ Sections spéciales
Horizons — deux films en exploration : Mama d’Or Sinai (1h33), sur un retour en Pologne après des années d’absence ; Nandauri d’Eti Tsicko (1h33), une avocate israélienne d’origine géorgienne part en Géorgie récupérer un enfant abandonné — et retrouve ses propres racines.
Jewish Experience — L’Énigme Chouchani de Michael Grynszpan (1h27) : dix ans d’enquête sur la vie mystérieuse de M. Shoshani, érudit génial qui influença Elie Wiesel et Emmanuel Levinas. Présenté avec le réalisateur et Samuel Blumenfeld, journaliste au Monde. (À noter : ce film fait également l’objet d’un épisode du podcast Falafel Cinéma — à écouter avant la séance !)
Art et Cinéma — Heartbreak de Jessica Vaturi-Dembo (1h30) : né du choc du 7 octobre, un film muet en noir et blanc où le corps remplace la parole. Mime, danse et humour burlesque au service du deuil collectif.
🎞️ Classique
The Pill de David Perlov (1972, 1h30) : la première fiction du grand réalisateur israélien, une satire burlesque sur la jeunesse et l’éternité. Séance présentée par le cinéaste Nadav Lapid, avec la fille de Perlov, Yael Perlov, monteuse et productrice.
🎬 Courts-métrages en compétition
Neuf films en lice pour le jury : Bush (Elik Fromchenko) · Falling Up (Amit Lellouche) · Frequency (Mindi Ehrlich) · Half a Date (Eden Abitbol) · Last Respects (Asaf Ofir) · NotMyWeekend (Rona Segal) · Shivtown (Hillel Ben Zeev Perlov) · Something Blue (Shani Bergman) · The Wall (Dovi Rozenberg). Le court-métrage gagnant sera projeté lors de la soirée de clôture.
Falafel Cinéma au festival
Le podcast Falafel Cinéma est partenaire naturel de ce festival. Trois épisodes récents résonnent directement avec la programmation 2026 :
▶ Festival du Cinéma Israélien de Paris et interview d’Armelle Bayou
▶ Michael Grynszpan — L’Énigme Chouchani : le réalisateur du documentaire programmé en section Jewish Experience raconte sa décennie d’enquête sur le mystérieux M. Shoshani. À écouter avant la séance du jeudi 19 mars (17h15, Majestic Passy).
▶ Hillel Ben Zeev Perlov — Shivtown : le court-métrage en compétition, signé par le petit-fils de David Perlov, dont le classique The Pill est également au programme.
Infos pratiques
| 📅 Dates | 16 au 24 mars 2026 |
| 📍 Lieu | Cinéma Majestic Passy — 18 rue de Passy, 75016 Paris |
| 🎟️ Tarifs | Plein tarif : 10 € · Réduit (séniors, étudiants, demandeurs d’emploi) : 8 € Cartes CIP et Dulac Cinéma acceptées |
| 🌐 Billetterie | dulaccinemas.com · festivalcineisraelien.com |
| 🏛️ Hors les murs | Jeudi 19 mars · mahJ (Hôtel de Saint-Aignan, 71 rue du Temple, 75003) |