Hope Na Hong-jin Hope Korean monster movie

Hope de Na Hong-jin : critique du choc coréen

Hope, de Na Hong-jin, s’impose comme le film de monstre le plus ambitieux de l’année. Dix ans après The Strangers, le cinéaste sud-coréen lâche une créature sur un village de pêcheurs coincé entre la mer et la frontière nord-coréenne, et tient la salle en apnée pendant 2 h 36. Présenté en Compétition au Festival de Cannes, Hope sort en salles le 28 octobre 2026. Notre coup de cœur de la semaine d’Halloween.

Synopsis

À Hope Harbor, village portuaire isolé près de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, les renforts partent combattre des feux de forêt et les communications tombent. Le chef de poste Bum-seok et la jeune policière Sung-ae restent seuls pour protéger une population vieillissante, alors que des habitants signalent un tigre. Dans les montagnes voisines, le chasseur Sung-ki et quelques villageois se lancent sur la piste de la bête. Les traqueurs deviennent des proies.

La bande-annonce de Hope

Hope de Na Hong-jin : une heure de rire, puis la déflagration

Une vache éventrée sur une route de campagne, un chef de poste fanfaron, des villageois persuadés d’avoir vu un tigre : la première heure installe un monde, ses querelles et son humour. Les dialogues font mouche, les répliques fusent entre le chef et sa recrue, et la salle rit autant qu’elle sursaute. Na Hong-jin cache longtemps ses créatures et laisse la peur grandir dans ce que l’on devine. Puis la bête surgit. La poursuite dans les ruelles du port, filmée par Hong Kyung-pyo (The Strangers, Burning, Parasite), cloue au fauteuil.

Le rythme ne retombe plus. Le film enchaîne deux séquences d’action de près d’une heure chacune, et les 2 h 36 filent d’une traite. Le réalisateur a fait construire Hope Harbor en dur et le détruit pan par pan : la tôle, la boue, le feu pèsent à l’écran. Entre Cannes et la sortie, il a resserré son montage de quatre minutes et repris sa postproduction.

Na Hong-jin joue aussi avec la mémoire du spectateur

Le monstre qui ravage le port convoque Godzilla, l’imaginaire extraterrestre lorgne vers Avatar, les villageois assiégés rappellent les films de zombies, et ce chef de police de petite ville face à une menace venue d’ailleurs évoque Stranger Things. La créature tapie dans l’ombre renvoie à l’Alien de Ridley Scott, saga où Michael Fassbender incarnait l’androïde David (Prometheus, Alien: Covenant). Les chasseurs traqués en forêt rejouent Predator. Ces clins d’œil nourrissent le plaisir sans jamais réduire Hope à un jeu de citations.

Derrière le spectacle, Na Hong-jin creuse son sujet de toujours : la violence et ce qui la déclenche. Hope Harbor vit à quelques kilomètres de la frontière, dans la peur d’un ennemi invisible. Ses habitants croient bien faire et provoquent le désastre, faute de comprendre ce qu’ils affrontent. L’arrivée de Michael Fassbender, Alicia Vikander, Taylor Russell et Cameron Britton fait basculer le récit vers la science-fiction.

Ce virage a divisé la Croisette, entre une ovation de six minutes et des critiques désarçonnées. Il fait la force du film. Na Hong-jin quitte le confort du genre et pousse son histoire jusqu’à une échelle cosmique. Le final, en suspens, appelle une suite.

Na Hong-jin, quatre films, quatre chocs

Na Hong-jin au photocall de Hope, Festival de Cannes
Na Hong-jin au photocall de Hope, Festival de Cannes. Photo : Gabriel Hutchinson, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Na Hong-jin tourne peu mais chacun de ses films est un choc. The Chaser (2008), traque d’un tueur en série par un ancien flic devenu proxénète, révèle le cinéaste en Séance de minuit à Cannes. Puis, The Murderer (2010), odyssée d’un chauffeur de taxi chinois d’origine coréenne transformé en tueur à gages, passe par Un Certain Regard. The Strangers (2016), enquête policière qui vire à l’exorcisme dans un village de montagne, s’impose comme l’un des grands films d’horreur de la décennie. Il produit et coécrit ensuite The Medium (2021), réalisé par le Thaïlandais Banjong Pisanthanakun.

Hope marque sa première sélection en Compétition et le premier film coréen à concourir pour la Palme d’or depuis Decision to Leave de Park Chan-wook en 2022. Plus gros budget de l’histoire du cinéma coréen, le film bat aussi un record de préventes, avec plus de 200 territoires. Le jury présidé par Park Chan-wook lui préfère Fjord de Cristian Mungiu.

Le casting de Hope

Hwang Jung-min (Bum-seok) retrouve Na Hong-jin après The Strangers, où il incarnait le chaman. Star du cinéma coréen, il porte New World, Ode to My Father, Veteran et 12.12: The Day. Il donne au chef de poste arrogant une droiture qui tient la première heure.

Zo In-sung (Sung-ki) a joué dans A Frozen Flower, The King, Escape from Mogadishu, Smugglers et la série Moving (Disney+). Il campe un chasseur buté, prêt à tout pour abattre la bête.

Hoyeon (Sung-ae), révélée par Squid Game et récompensée d’un Screen Actors Guild Award, a ensuite tourné Disclaimer d’Alfonso Cuarón (Apple TV+). Hope lui offre son premier rôle au cinéma. Sa policière tenace a déclenché les applaudissements de la salle cannoise dès sa première apparition.

Michael Fassbender, acteur fétiche de Steve McQueen (Hunger, Shame, 12 Years a Slave), sort de The Killer de David Fincher et Black Bag de Steven Soderbergh.

Alicia Vikander, oscarisée pour The Danish Girl, a marqué Ex Machina et Le Jeu de la reine de Karim Aïnouz. Elle partage l’affiche avec son mari.

Taylor Russell s’est fait connaître avec Waves de Trey Edward Shults, puis Bones and All de Luca Guadagnino, qui lui vaut le prix Marcello-Mastroianni à Venise.

Cameron Britton a glacé les spectateurs en Ed Kemper dans Mindhunter, avant The Umbrella Academy.

Hope, un film pour Halloween

Plus film de monstre que film d’horreur pur, Hope partage avec The Strangers sa terreur rurale, ses corps malmenés et sa menace venue d’ailleurs. Il trouve toute sa place dans une soirée d’Halloween. Pour prolonger le frisson, retrouvez notre sélection des films à voir pour Halloween 2026.

Hope (호프)
Réalisation et scénario : Na Hong-jin
Avec : Hwang Jung-min, Zo In-sung, Hoyeon, Michael Fassbender, Alicia Vikander, Taylor Russell, Cameron Britton
Image : Hong Kyung-pyo
Montage : Kim Sun-min
Corée du Sud, 2026, 2 h 36
Distribution : Universal Pictures International France
Sélection officielle, Compétition, Festival de Cannes
En salles le 28 octobre 2026
Séances : fiche AlloCiné

Partager :

Twitter
Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Vous êtes ici car vous êtes amoureux du cinéma !
Suivez movieintheair.com pour tout savoir sur l’univers du cinéma et des films que vous aimez