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Gourou, critique du film de Yann Gozlan

Gourou, critique du film de Yann Gozlan

Vu en avant-première au Forum des images, Gourou impressionne par sa mise en scène et son interprétation, mais peine à tenir toutes ses promesses sur le terrain du thriller.

J’ai découvert Gourou de Yann Gozlan en avant-première au Forum des images, en présence de Pierre Niney et du réalisateur, avec un échange après la projection.

Sur le papier, Gourou avait tout pour intriguer : un sujet très contemporain, un grand acteur français, et un réalisateur qui sait installer une tension. Le scénario, signé Yann Gozlan et Jean-Baptiste Delafon, s’appuie justement sur les mots, les formules, les promesses, cette langue performative qui nourrit l’industrie du coaching et peut, parfois, glisser vers l’emprise.

Une mise en scène hypnotique

Le film ne parle pas tant du coaching comme pratique que de sa dérive en industrie de l’influence. À regarder les feeds sur LinkedIn, on a parfois l’impression qu’il n’y a plus que cela : des coachs en tout, des méthodes miracles, des récits de transformation. Gourou s’empare de ce climat et suit la trajectoire de Mathieu Vasseur, coach à l’ego surdimensionné mais d’abord sincère, qui bascule progressivement vers autre chose (je préfère ne pas en dire plus pour ne pas spoiler).

Sur le plan formel, le film est solide, et même très maîtrisé. La musique fonctionne et la mise en scène assume une vraie ambition. Elle rend sensible la montée en puissance d’une parole, la fabrication d’une adhésion collective, et le vertige qui l’accompagne. Pierre Niney excelle précisément parce qu’il tient cet équilibre délicat entre charisme et inquiétude.

Au Forum des Images, après la projection

Une réplique qui parasite le propos

C’est aussi pour cette raison qu’une réplique m’a choquée, vers la fin du film. Le personnage principal lâche : Les Américains, ils veulent du clean, du propre, du cacher ! Dans ce contexte, l’usage du mot cacher introduit une connotation parasite, inutilement trouble. Je ne suis pas certaine de l’intention des scénaristes à cet instant, mais l’effet est là : un malaise qui détourne l’attention au lieu de servir le propos.

Un thriller qui se disperse, et un personnage féminin trop réduit

Sur le terrain du thriller, en revanche, Gourou me laisse plus partagée. Le film ouvre plusieurs pistes scénaristiques, multiplie les directions, mais ne mène jamais vraiment l’une d’elles jusqu’au bout. À force d’embrasser large, il perd en impact, alors même que la mise en scène sait maintenir un climat et installer une tension.

Autre limite notable : la place réservée au personnage interprété par Marion Barbeau, révélée dans En corps de Cédric Klapisch. Son rôle reste largement cantonné à celui de compagne, sans trajectoire propre. On peut évoquer le test de Bechdel, mais l’enjeu dépasse l’indicateur. Cette réduction affaiblit le film, parce qu’elle le prive d’un contrepoint, d’un regard, d’une résistance possible, et donc d’une profondeur supplémentaire.

Reste que Gourou contient des moments forts, et même quelques situations franchement drôles. Pour moi, c’est un film formellement réussi, mais narrativement plus fragile, comme si la fabrication hypnotisait davantage que la progression du thriller.

En salle le 28 janvier 2026.

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